L’eau est un composant essentiel du béton. Tout comme le sable, les graviers et le ciment, il faut faire attention à son dosage si l'on veut obtenir du béton de qualité.
La quantité d'eau recommandée
Lorsqu'on fabrique du béton, la quantité d'eau à apporter au mélange doit être proportionnelle au ciment. Le rapport E/C (masse d'eau / masse de ciment) idéalement sera autour de 0.5. En d'autres termes, pour un sac de ciment de 50 kg, il faut verser environ 25 kg d'eau soit 25 L. L'on peut d'ailleurs réduire cette quantité d'eau en utilisant des adjuvants, notamment des plastifiants ou des superplastifiants.
Par ailleurs, quand le sable est mouillé ou trempé, en saison des pluie par exemple, il contient déjà une certaine quantité d'eau qu'il faut déduire de ce qu'on aura calculé.
Le sable sec est rare. En général le sable est humide et contient en poids entre 4 et 7%.
Après une pluie, le sable est mouillé. Sa quantité d'eau varie entre 7% et 11% de son poids.
Les problèmes liés à l'excès d'eau
Il est vrai, une grande quantité d'eau fluidifie le béton, le rendant plus malléable et facilite ainsi sa mise en place. Toutefois, il ne faut pas exagérer : les conséquences sont aussi nombreuses que néfastes.
La perte de la résistance
L'atout principal du béton, c'est sa résistance à la compression. Or celle-ci dépend de la quantité d'eau utilisée pour la fabrication.
En effet, les scientifiques on montré que la résistance du béton est inversement proportionnelle au rapport E/C, désignant la masse d'eau divisée par la masse de ciment. Lorsque la quantité d'eau augmente, la résistance du ciment diminue. Cette relation peut être visualisée par le graph ci dessous.
Le ressuage et ses corollaires
Le ressuage est la migration d’une matière à la surface du matériau qui la contient. Dans le cas du béton, l'excès d'eau peut dégrader l'adhérence entre le ciment et les agrégats. Les graviers se tassent alors, sous l'effet de la gravité, pendant que l'eau remonte créant comme des tunnels vides, ce qui conduit à la fragilité de l'ouvrage. D'autre part, la croûte formée en surface résistera moins aux sollicitations de tout genre (chocs, intempéries, etc.).
La ségrégation
L'excès d'eau fluidifie le béton. Les éléments lourds tels les graviers vont tomber au fond du coffrage tandis que la pate cimentaire reste en dessus. Cette ségrégation, comme dans le cas du ressuage, fragilise le béton. La partie supérieure est peu résistante (la résistance étant principalement fournie par les graviers) et la partie inférieure est très poreuse.
La dessication
La dessiccation du béton est un phénomène lié à l’évaporation de l’eau dans le béton. Elle se manifeste à partir des faces exposées à l’évaporation.
La diminution de l’humidité relative dans le réseau poreux provoque une contraction du béton. C'est le retrait. Les bétons formulés avec un faible rapport E/C ont un très faible retrait de dessiccation, car ils contiennent une faible quantité d’eau qui peut s’évaporer et présentent une faible différence d’humidité interne avec l’extérieur.
La dégradation de la durabilité
L'excès d'eau rend le béton plus poreux, moins résistant, peu homogène et très fissuré. Tout ceci dégrade sa durabilité.


